Lettre de P. Cabesse adressée à M. Larrey aîné, à Dax (40)

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A Monsieur
Larrey aîné
A Dax



Montdan le 18 Ventose an 12e

Cest Bien tard Monsieur et Precieux ami repondre a votre [cher... manque] 9e janvier dr vous devés croire que jetois trop sensible a la part que vous avés pris a ma maladie, et a ma convelescence pour ne vous en avoir pas plus tot temoigné ma vive reconnoissance si Je lavois pû, Il y a 15 jours que jaurois sans doute ete en Etat de satisfaire mes ardents desirs, mais jai voulu diferer pour Pouvoir vous dire avec certitude que le mariage de ma niece Pouble avec mr Bordenave conseiller de la Prefecture mon amy de confiance, dont vous aurés Entendu parler depuis Environ 12 jours a eté celebré hier, jai trés Bien colloqué ma niece a tous Egards avec un homme de Probité, plein de lumiere et qui jouit de la confiance generale quil merite a juste titre, mon age et mes Infirmités ne me permettant guere plus de donner mes soins a mes affaires, je serai supplée par un Excelent substitut, ma niece ne me quite point pour cela, pour me donner tous ses soins et continuer a mener mon menage, jai aquis au moyen de cela ma tranquilité, je ne doute pas que vous ne partagies monsieur et cher amy la satisfaction et le plaisir que j'Eprouve, dans cette union qui a Eu laprobation generale de tout le monde grands et petits dans notre ville. quel plaisir mon tres cher amy de pouvoir faire des heureux pendant notre Existance !
j'ai vû avec bien du plaisir que vous n'avés aucune Incomodité Interne, et que vous jouissés de la meilleure santé mais foible de vos jambes qui vous Empechent de marcher quavec grande peine, pour moi je ne jouis pas du meme Bonheur que vous, je suis tres tourmenté et souffrant les nuits et la matinée par un Rhume continuel mélé d'asme ce sont des humeurs qui saccumulent qui ne peuvent sevaquer quaprés des toux continuelles qui motent presque la Respiration, je suis Essouflé pour peu que jagisse, ou que je marche, mes jambes comme á vous sont trés foibles, et chancelantes ce qui me force á la retraite dans ma maison. heureusement que cela me paroit moins Enuieux parce que jai presque toujours compagnie qui viennent me voir, meme jusques onze heures de la nuit qui est mon heure du coucher, car la solitude dans notre Etat et a notre age est une cruelle chose,
mr Bordenave mon nouveau neveu, et ma niece me chargent de vous presenter leurs Respectueux devouement; ils vous souhaitent ainsi que moi la continuation de votre Bonne santé pour longues années,
Recevés monsieur et tres cher amy l'assurance de ma constante amitié, dont mon coeur est penetré, et qui ne finira qu'avec nos jours, cest avec ces sentiments Bien sinceres que je vous Embrasse

P: Cabesse



18 ventose an 12e
lettre interessante de Mr Cabesse