Lettre de M. Feuillade adressée à un parent
Archive privée inédite
- Date: 29/05/1815
- Lieu: Nontron (24)
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nontron le 29 mai 1815
Mon cher parent
il paroit que vous ne m'aves pas Bien Entendu, dans notre correspondance. je vous ai Bien dit que je conseillois a votre niece d'accepter l'arrangement qui lui Etoit proposé, mais je ne vous ai pas dit de l'accepter pour tel ou tel prix, Et sous telles ou telles conditions, au contraire je me suis Bien Expliqué a cet egard, en vous observant que ne connoissant pas les forces de l'heredité paternelle, je ne pouvois pas vous fixer la dessus Et sur cela vous m'aves mandé que votre niece acceptoit les mille Ecus offerts a travers les praticules qu'ecrivoit votre jeune niece mais qu'il falloit Bruler cette lettre, parce qu'elle etoit Ecrite de confiance, comme ouvrage d'amitié, tandis que je savois que votre neveu etoit lui même l'auteur de cette lettre a praticules, et qu'il se plaisoit ainsi a vous parler Et vous faire parler differens langages pour Eviter d'avoir avec vous des Explications franches Et honnetes telles qu'elles convienent a l'homme probre. c'est dans ces circonstance que j'ai reproché amerement a tous vos neveux d'agir En dessous, Et de vous jouer ainsi que moi, Et que je ne voulois plus me meler aucunement du traité dont s'agit, Et c'est Encore ce qui m'a fait prendre la determination de leur adresser un acte pour m'opposer a tout partage de Biens paternels qui pourroit Etre fait au prejudice de ma creance. quelques jours apres vos neveux les plus jeunes Etant venus me dire qu'ils se disposoint a aller l'un ou l'autre devers vous pour traiter pour leur frere aine avec leur soeur qui est aupres de vous, Et qu'ils me prioint de leur donner une lettre de refus de me meler dud. traité je leur observai qu'une semblable demarche seroit insignifiante, attendu qu'il n'y avoit Rien de convenu, Et que la contradiction que presenteroit les lettres de l'aine Et de la jeune soeur n'etoit pas propre a concilier les Esprits, Et que si votre neveu ainé vouloit En finir avec sa soeur qui est aupres de vous, il devoit s'adresser directement a Elle Et a vous et aller droit au But, Et l'a t'il fait ? je l'ignore, puisque vous ne m'en dites mot, votre lettre se Borne a me dire que votre neveu vous a Ecri que je ne voulois plus m'embarasser des affaires de votre niece, ce qui est de sa part une imposture de plus, car vous conceves qu'il y a une grande difference Entre le langage qu'on me prete, Et le veritable langage que j'ai tenu, Et que les circonstances m'obligeoint de tenir
mais il vous est facile de poser vous même les Bases dud. traité Et de trancher court la dessus, En annonçant positivement a votre neveu, ou sa soeur a son frere, qu'elle veut tant de ses droits francs Et Exempts &.. payable &... puisque vous aves une connoissance asses Exacte de l'etat des affaires Et des moyens qu'a laissé votre Beau frere par l'apperçu que vous ont donné les Experts, Et par ce que votre niece sait et connoit Elle même
quant aux conditions, les Essentielles sont 1° l'affranchissement de toutes dettes charges et hypotheques pour ce qui peut concerner votre niece En sa qualite de coheritiere y compris la portion de dette a laquelle Elle a Eté condamnée conjointement avec sa mere Et ses freres et soeur Envers feuillade avocat par jugement du 3 avril 1814 En consequence d'une lettre de change qui avoit Eté consentie Et souscrite par le pere commun. 2° que votre neveu ne pourra Rechercher ni inquieter En façon quelconq votre soeur Et vos autres neveux relativement aux jouissances Et a la somme provenant du cautionement. Et 3° le mode et les Epoques du payement, [manque] les Explications Expresses votre neveu comme subrogé a vos droits et actions pourroit inquieter sa mere Et ses freres, au sujet desd. jouissances Et dud. cautionement, ce qu'il faut Eviter, soit En prenant des arrangemens la dessus avant la vente, soit En y Renonçant par le contrat de vente, Et faisant Expliquer que moyenant ce lesd. jouissances Et led. cautionement ne sont Entrées pour Rien dans le prix de vente, il pourroit aussi inquieter votre niece a l'egard de la condamnation prononcée En ma faveur, attendu que quoique l'objet de cette condamnation Regarde la commun conjugale d'entre feu Belleville pere Et son Epouse, lad. condamnation n'est pas moins personnelle a sa veuve Et a tous ses Enfans.
il ne faut pas manquer aussi de comprendre au traité la cession de droits cedes par la tante, a la charge d'acquiter la portion de pension Etablie pour prix de lad. cession de droits
je finis par vous observer que vous ne m'aves pas fait connoitre les clauses du contrat de mariage de votre niece. si ce contrat ne porte pas Reserve a votre niece d'aliener ses Biens paternels malgré la dotalité d'iceux, il y aura de l'embarras pour vendre solidement
toute ma famille se Reunit a moi pour vous dire Et a votre niece Et a son Epoux toutes sortes de choses honnetes
je suis votre tres affectioné parent
Feuillade
Lettres de Mr Feuillade